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Un appel passionné

Récemment le Bureau du Dalaï Lama au Canada a organisé à Vancouver un sommet de la paix réunissant le Dalaï Lama et d’autres lauréats du prix Nobel, ainsi que d’autres intervenants. Un soir j’ai entendu cet appel passionné lancé par le chanteur rock et militant humanitaire Bob Geldof, dont les concerts Live Aid ont permis de collecter plusieurs centaines de millions de dollars pour l’Afrique.


« Pour la plupart d’entre nous, ce qu’on peut faire quand on est confronté à la souffrance, c’est de mettre la main à la poche. Si un million de gens parmi nous font ce geste, ça fera beaucoup de monde, ça fera beaucoup d’aide, et les gouvernements devraient en tenir compte. Nous devons préserver la vie de ces enfants afin qu’ils puissent devenir les médecins et les ingénieurs de demain. Sans cela quelque chose s’étiole et meurt en nous.

Parmi ces enfants nombreux sont ceux qui n’ont pas de parents à cause d’erreurs humaines, telles que les guerres. Au cours de ma vie j’ai rencontré des gens extraordinaires comme Mère Thérésa. Elle me dirait qu’elle a vu le calvaire du Christ sur les dos brisés des pauvres. Je ne vois pas ça. Je ne vois pas Dieu. Je vois que la main malfaisante de l’homme. Et s’il en est ainsi, on peut remédier à la situation, parce ce que ce que nous avons fait, nous pouvons le défaire. Nous pouvons dire : «Assez ! ». Tout cela est le syndrome de la pauvreté révélé par le manque d’éducation et la mauvaise santé.

Les besoins à l’échelle mondiale sont minimes. Seule manque la volonté politique d’y répondre. Combien de fois devrons-nous rappeler aux hommes politiques la volonté des citoyens et leur dire :  « PASSEZ A L’ACTE !». Combien de fois devrons-nous former des chorales d’enfants africains et organiser des concerts pop afin de convaincre les êtres humains de s’unir au cœur de leur glorieuse humanité ? Nous sommes quoi, un cirque ou une société ? 

En fait, les besoins véritables ne représentent qu’une part infime des budgets des états. Pour l’Amérique, c’est 0,16% de son économie. Ce n’est pas que les Américains soient égoïstes. Des sondages montrent que lorsqu’on leur demande quel pourcentage du P.I.B., à leur avis, est consacré à l’aide internationale, ils répondent : « 10% ». Et quand on leur demande : «Est-ce suffisant ? », ils répondent « non ». Mais lorsqu’ils apprennent que ce pourcentage n’est en réalité que de 0,16%, ils sont consternés.

La Commission pour l’Afrique a demandé un doublement de l’aide en 2010 qui se devrait se monter à 50 milliards de dollars américains. Il y a trois mois, le gouvernement britannique a donné 75 milliards de livres en l’espace de 30 minutes à une banque privée pour lui éviter de disparaître.

Pourtant un milliard de personnes risque de disparaître, et le prix à payer pour éviter cela est inférieur aux fonds de secours accordé à une seule banque privée britannique, au sein d’un système économique qui s’élèvent à 50 trillions par an. Et une des économies les plus riches du globe ne peut trouver une partie de cette somme. Nous sommes vraiment des bouffons.

Quand nous trahissons la promesse que nous avons faite à ceux qui sont démunis nous trahissons une promesse sacrée, car trahir cette promesse, c’est tuer.