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Bonheur National Brut et Produit National Brut — 3

Suite des extraits d’une déclaration du Premier ministre du Bhoutan, SE Jigmi Thinley en préparation aux débat du 2 Avril au Nations Unis, auquel j’aurai l’oppornité de participer.

La confiance totale et erronée dans le PIB n’a jamais été aussi claire que pendant l’effondrement économique mondial de 2008-2009, lorsque les leaders mondiaux ont unanimement décidé que la priorité était de faire croître encore l’économie, en d’autres termes de stimuler le PIB. Le monde paie aujourd’hui le prix de cette conception unilatérale : les gouvernements sombrent dans le gouffre d’une dette dévastatrice dont ils n’arrivent pas à émerger.

Tout cela me conduit directement à l’annonce que je souhaite faire aujourd’hui. Dorénavant, [au Bhoutan] nous comptabiliserons de façon opportune toute la précieuse richesse de ce pays, en y incluant les richesses naturelle, humaine, sociale et culturelle, et nous cesserons de nous focaliser strictement sur nos richesses financière et manufacturée, comme si ces dernières étaient les seules à être prises en compte. Bien sûr nous continuerons de les comptabiliser, mais dorénavant et pour la première fois nous serons capables de chiffrer les vrais coûts de l’activité économique et d’équilibrer celle-ci à l’aide d’une comptabilité appropriée de nos richesses naturelle, humaine et culturelle, qui sont bien sûr les piliers de notre Bonheur National Brut. En résumé, nous allons créer des comptes de BNB équilibrés pour ce pays, et par là-même créer la première comptabilité nationale étendue au monde.

Nous ne sommes pas les seuls à aller dans cette direction, puisque c’est précisément ce qui a été recommandé par la Commission Stiglitz, elle-même nommée par le président français Sarkozy. Mais nous serons en fait le premier pays à mettre tout cela en pratique, et nous sommes déjà en train de faire appel aux meilleurs experts mondiaux pour le faire de façon correcte et crédible. Cela ne sera pas facile, cela prendra du temps pour l’appliquer d’une manière appropriée et complète (plusieurs années en fait), et nous devrons faire face à d’importants défis méthodologiques, comme le fait que l’argent n’est pas un outil adéquat pour décrire correctement la valeur des activités hors marché – par exemple les services rendus par l’écosystème.

Grâce à la présence de MM. Costanza et Kubiszewski dans notre pays, nous avons déjà commencé à travailler en initiant nos statisticiens nationaux, la Commission BNB et nos fonctionnaires du Ministère des Finances, entre autre, à ne nouveaux concepts et à des méthodes nouvelles. Ainsi, même si l’ensemble complet des comptes de BNB n’est pas encore prêt, nous publions aujourd’hui les premiers comptes de résultats de notre nouvelle comptabilité étendue incluant les dimensions naturelle, sociale et humaine de notre activité économique.

(à suivre)