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« Ode à la bienveillance », un livre qui fait du bien

Ode

En ces temps où l’on risque d’être happé par une vision pessimiste du monde et de nos frères et sœurs humains, l’ouvrage d’Alexandre Sattler est une bouffée d’oxygène bienvenue. Magnifique à bien des égards, par sa beauté photographique et pour avoir su mettre en valeur les mille et un visages de la bienveillance Ode à la Bienveillance nous redonnent confiance dans la nature humaine et nous invitent à construire ensemble un monde meilleur. Grâce à des rapports très humains avec ses sujets, Alexandre Sattler les a amenés à exprimer sur leurs visages le meilleur d’eux-mêmes et à nous offrir ces sourires venus du cœur.

Au jour le jour, notre attention est beaucoup trop sollicitée par les mauvaises nouvelles, les catastrophes, les drames et les actes de violence dont nous abreuvent sans répit les médias, sans doute parce que l’évolution nous a pourvus d’une sensibilité particulière lorsqu’un danger potentiel se montre à l’horizon. Nous finissons, en raison de cette surexposition aux aspects négatifs des activités humaines, par acquérir une vision déformée de la réalité. Si cent personnes consacrent leur journée à éduquer des enfants ou à venir en aide à des personnes dans le besoin, personne n’en parle ; si quelqu’un commet un crime crapuleux ou un acte barbare, il sera pour sûr à la une de l’actualité.

Mais il ne faudrait pas oublier la « banalité du bien », le fait que la majorité du temps, la majorité des sept milliards d’êtres humains se comportent de façon décente les uns envers les autres. Mis à part les catastrophes climatiques vers lesquelles nous nous dirigeons aveuglément, le monde va beaucoup mieux à bien des points de vue. La violence physique, par exemple, n’a cessé de diminuer au cours des siècles. Nous avons aujourd’hui environ cent fois moins de chances qu’au XIVe siècle de mourir des suites des violences causées par nos semblables (meurtres, guerre, etc.). Le nombre d’êtres humains qui vivent sous le seuil de la pauvreté est passé de 1,5 milliard à 750 millions en vingt ans. Tout cela vient du fait que nous prenons davantage soin des autres et sommes davantage concernés par leur sort. La bienveillance et l’amour altruiste représentent la meilleure façon d’accomplir le double bien des autres et de soi-même.

Il faut oser la bienveillance. Oser, aussi l’enseigner dans les écoles comme un outil précieux permettant aux enfants de réaliser leur potentiel naturel de bienveillance et de coopération. Oser prendre sérieusement en compte le sort des générations futures, et modifier la façon dont nous exploitons aujourd’hui la planète qui sera la leur demain. Oser, enfin, proclamer que la bienveillance n’est pas un luxe, mais une nécessité.

Nelson Mandela nous rappelait que : « L’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire. Même aux pires moments de la prison, quand mes camarades et moi étions à bout, j’ai toujours aperçu une lueur d’humanité chez un des gardiens, pendant une seconde peut-être, mais cela suffisait à me rassurer et à me permettre de continuer. La bonté de l’homme est une flamme qu’on peut cacher, mais qu’on ne peut jamais éteindre. »(1)

Célébrons donc la superbe contribution d’Alexandre Sattler à l’épanouissement de bienveillance en nos cœurs, nos cultures et nos institutions. Nous avons bien besoin de tels encouragements !

Alexandre Sattler, Ode à la bienveillance, Éditions Hozhoni, 2019

(1) Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté. Le Livre de Poche, 1996.