
Pour accompagner la sortie de son livre Lumière aux Éditions Allary, Matthieu Ricard vous propose une série de blogs autour de la photographie. Une invitation à partager l’émerveillement, à célébrer la beauté du monde et à poursuivre cette quête de lumière qui traverse son parcours depuis soixante ans.
« La lumière est en chacun de nous. C’est à nous de la laisser briller. » – Nelson Mandela
Un sourire, un regard lumineux, l’amour infini qui rayonne d’un sage ! La beauté de l’être humain appelle à la célébration et à la réjouissance et non à l’envie ou à la jalousie. Cette célébration peut se partager par une joyeuse résonance, sans imposer ni convaincre. L’émerveillement devant la part de bonté de la nature humaine engendre la confiance qui nous ouvre à nos frères et sœurs humains. Le désenchantement, à l’inverse, engendre la méfiance au point que nous préférons tenir les autres à distance. Prendre conscience de notre humanité commune et percevoir intimement ce lien avec l’ensemble des êtres sensibles, les autres espèces incluses, qui peuplent l’immensité de notre monde.
Peindre avec la lumière ne se limite donc pas à saisir les nuances du ciel et les contours du monde naturel ; c’est aussi révéler la lumière intérieure qui émane des regards, des visages et des cœurs. Chaque portrait est une quête pour capturer non seulement l’apparence d’une personne, mais cette lumière intangible qui reflète sa nature profonde.
C’est presque toujours le regard qui fait la force d’un portrait : « Le regard est le chemin du cœur, » écrivait Paul Valéry. Dans le jeu subtil des ombres et des éclats, un regard peut devenir un univers à lui tout seul. Les visages, eux, sont comme des toiles vivantes où la lumière joue avec les expressions faciales pour dessiner le paysage des émotions. Chaque ride peut être un sillon où la lumière se pose, chaque sourire, un rayon qui illumine l’entourage.
Photographier des visages, c’est aussi ouvrir une fenêtre sur le passé et une autre sur l’avenir. Le bouddhisme nous dit que nous sommes le fruit de notre passé et l’architecte de notre avenir, et nous nous trouvons à chaque instant à la croisée des chemins.
« La lumière fait la sculpture du temps, » écrivait Emily Dickinson. En saisissant un moment, une photographie sculpte le temps avec la lumière, donnant une forme et une durée à ce qui, autrement, serait éphémère et peut-être oublié.
Retrouvez l’ensemble de cette démarche photographique dans Lumière, publié aux Éditions Allary.

Matthieu Ricard reverse l’intégralité de ses revenus – droits d’auteur de tous ses livres, photographies et conférences – aux projets de développement menés par l’association Karuna-Shechen qui oeuvre à faire reculer la pauvreté et révéler le plein potentiel des femmes, hommes et enfants les plus vulnérables. Ainsi, chaque lecteur devient, à travers son achat, un acteur direct de la solidarité.
