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Pouvons nous priver les animaux du droit de vivre ?

Par Matthieu Ricard le 25 septembre 2018

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Léonard de Vinci a écrit dans ses carnets : “Le temps viendra où les gens comme moi considéreront l’assassinat d’un animal comme ils considèrent aujourd’hui l’assassinat d’un homme.” Il ne s’agit pas de nier qu’il existe des différences d’intelligence entre les animaux et les êtres humains et que, d’un point de vue relatif, la vie d’un être humain ait plus de valeur que la vie d’un animal. Mais pourquoi le droit de vivre serait-il l’apanage des humains ?

Tous les êtres vivants aspirent au bonheur et tentent d’échapper à la souffrance. Donc, s’arroger le droit de tuer, à longueur d’année, des animaux par milliards (10 milliards sont tués chaque année rien qu’aux États-Unis pour la consommation humaine), c’est tout simplement exercer le droit du plus fort. Il y a encore quelques siècles, on considérait que la traite du “bois d’ébène” - les esclaves d’Afrique Noire - était acceptable. De nos jours, l’esclavage subsiste dans de nombreux pays, notamment en Inde, au Pakistan, au Soudan… où l’on vend des enfants pour le travail en usine ou aux champs, et des jeunes filles pour la prostitution. Mais de façon générale, l’esclavage est considéré comme une abomination.

Que font les gens, les peuples, lorsqu’ils sont exploités ou opprimés ? Ils s’organisent, se syndiquent, se révoltent… Les animaux en sont incapables et sont donc exterminés. Cela mérite d’être repensé.