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Connaissances et valeurs morales

Par Matthieu Ricard le 1 décembre 2010

Accumuler simplement des connaissances ne suffit pas. Mon maître, Khyentsé Rinpotché, disait : ‟Si nous nous efforçons de glaner des connaissances intellectuelles à la seule fin de devenir influents ou célèbres, nous sommes dans le même état d'esprit qu'un chanteur quémandeur qui ne chante que pour recevoir des aumônes. Ce savoir ne sera d'aucune utilité, ni pour nous-mêmes, ni pour les autres. Comme dit le proverbe : « A grand savoir, grand orgueil. » Comment peut-on aider les autres avant d'avoir extirpé les tendances négatives qui sont ancrées en nous ? Nourrir une telle prétention n'est qu'une plaisanterie, comme celle du mendiant qui convie tout le village à un banquet.”

Les signes de succès de la vie contemplative sont nombreux, mais le plus important est que la constatation qu'au bout de quelques mois ou de quelques années, notre égoïsme doit avoir diminué et notre altruisme s'être développé. Si l'attachement, la haine, l'orgueil et la jalousie restent aussi forts qu'avant, on a perdu son temps, on s'est fourvoyé et on a dupé les autres.

Il est clair que l'accumulation de connaissances et d'informations, n'étant pas par nature liée à la bienveillance et à d'autres valeurs humaines fondamentales, n'est pas en soi porteuse de valeurs morales.