Blog / Août 2010

Liste des articles blog par titre:

Dimanche 29 août 2010

Vers un Bouddhisme socialement engagé

Mercredi 25 août 2010

Le 9 août dernier j’ai eu l’occasion de participer au premier “symposium du bouddhisme socialement engagé” organisé à l’initiative de Bernie Glassman, et d’y présenter certaines de mes réflexions sur la compassion en action. Bernie est un homme extraordinairement chaleureux et doué d’une infatigable énergie au service des plus démunis. Dans les années 90, il a fondé l’ordre des « Zen Peacemakers », des artisans zen de la paix, pour intégrer l’action sociale dans la pratique du bouddhisme zen. Il fut critiqué par de nombreux collègues pour cette approche jugée non orthodoxe du zen.

Mais la bienveillance de Bernie a triomphé de tels arguments et son ordre s’est rendu célèbre par ses « retraites de rue », au cours desquelles les participants s’astreignent à mendier leur nourriture et tout ce dont ils pourraient avoir besoin pendant la durée de la retraite (de 5 à 7 jours). Ils dorment dans la rue, sous les ponts, dans les gares et font leur lit avec ce qu’ils trouvent dans la rue. Le but de ces retraites est d’essayer de combler le fossé qui sépare ceux qui possèdent de ceux qui n’ont rien.

Les participants de ces retraites savent certes qu’ils retrouveront le confort de leur logement au bout de quelques jours, mais cette expérience leur permet de changer le regard qu’ils portent sur les SDF , et de ne plus détourner les yeux de la misère.

Bernie conduit également chaque année une retraite à Auschwitz, au cours de laquelle il rassemble des survivants des camps, ou leurs descendants, et des descendants de ceux qui les ont persécutés.

Zen Peacemakers organise aussi des formations sur l’aide aux sans-abris, aux prisonniers ou aux mourants, sur l’écologie ou encore sur la résolution des conflits. Bernie lui-même participe au programme « clowns sans frontières », qui propose des animations dans les écoles des quartiers défavorisés et les camps de réfugiés.

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Dimanche 22 août 2010

Vendredi 20 août 2010

Appel d'Avaaz pour les sinistrés du Pakistan

Vendredi 20 août 2010

Chers amis
Voici un appel venant de Awaaz.org une organisation fiable qui fait un excellent travail.
Cet appel mérite votre réponse
Matthieu

Une catastrophe humanitaire aux proportions effrayantes s’abat sur le Pakistan, où un cinquième du pays est aujourd’hui sous les eaux et où des millions de personnes sans abri attendent désespérément de l’aide.

Des efforts de secours ont été lancés, mais la réponse de la communauté internationale à ce gigantesque désastre est incroyablement lente et faible—l’ONU a lancé un appel d’urgence pour lever 460 millions de dollars d’aide vitale, mais n’a obtenu à ce jour que 40% du total.

Les travailleurs humanitaires ont averti que sans une augmentation immédiate de l’aide le nombre de morts allait exploser. Nous pouvons agir en envoyant directement des fonds aux associations les plus fiables sur place, et en demandant à nos gouvernement d’intensifier leurs efforts. Montrons à nos dirigeants ce qu’est la générosité et demandons-leur de se joindre à nous. Cliquez ici pour envoyer un message personnel aux représentants des principaux pays donateurs:

Message aux dirigeants

Et cliquez ici pour faire un don et participer à l’effort humanitaire:
Donation Pakistan

Après sa visite des zones frappées par les inondations, le Secrétaire Général des Nations-Unies Ban Ki Moon, visiblement bouleversé, a déclaré: “Cette journée a été très éprouvante. J’ai vu par le passé de nombreuses catastrophes naturelles à travers le monde, mais jamais comme celle-ci.”

Des milliers de villes et de villages ont été emportés par les eaux—routes, habitations, ponts, récoltes. A présent, les populations sont réfugiées sur des petits îlots entourés d’eaux. Sans eau potable à disposition, le choléra, la dysenterie et d’autres maladies sont en hausse et menacent des millions de personnes qui ont perdu leurs maisons et moyens de subsistance.

La réponse internationale est loin d’avoir égalé à ce jour les efforts consentis pour les récentes grandes catastrophes. Des organisations comme l’UNICEF et l’OMS ont indiqué manquer de fonds pour apporter l’assistance adéquate.

Nos gouvernements doivent faire plus et nous pouvons montrer l’exemple. Mobilisons-nous aux côtés des Pakistanais en ce temps de crise, et demandons aux pays donateurs importants d’en faire de même.

Notre mouvement a su par le passé relevé le défi face à de terribles catastrophes. En 2008, les membres d’Avaaz ont donné plus de 2 millions de dollars pour les victimes du cyclone Nargis en Birmanie. Il y a quelques mois, 1,4 million de dollars ont été collectés pour les victimes du séisme en Haïti. Notre capacité à agir vite en temps de crise peut sauver des vies et apporter une aide cruciale aux populations qui font face au désastre. Montrons au peuple pakistanais que les citoyens et gouvernements du monde entier sont mobilisés pour les aider à surmonter cette terrible épreuve.

Epargner la mort à un millier de homards et deux mille yaks.

Dimanche 15 août 2010

Il y a quelques jours, à Portland aux USA, Dilgo Khyentsé Yangsi Rinpotché, un lama tibétain de 17 ans, que j’accompagne dans ses voyages, a remis à la mer plus d’un milliers de homards destinés à être ébouillantés vifs et consommés par les gourmets locaux.
En Juin, le même lama, lors d’une visite au Tibet oriental sauva la vie de 2000 yaks destinés à être abattus
Cette pratique qui consiste à acheter des animaux voués à la mort et à les remettre en liberté est très répandue parmi les populations Bouddhistes.

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L'interdiction de la corrida, un pas vers la civilisation

Vendredi 06 août 2010

En votant pour l’interdiction des corridas, les parlementaires catalans ont déclenché un débat d’ampleur nationale en Espagne. Les défenseurs de la corrida cherchent à faire valoir deux arguments : la tauromachie est une tradition culturelle, elle serait en outre un art. Mais tuer n’est pas un art, et torture n’est pas culture.

Jugeons-en par nous-mêmes en passant en revue ses différentes étapes.* Le taureau est d’abord « préparé ». On raccourcit ses cornes en les sciant à vif, ce qui est aussi douloureux que d’avoir une dent sciée sans anesthésie. On en refaçonne les pointes en les polissant ou en les enduisant de résine. En modifiant la longueur des cornes on fait en sorte que le coup de tête donné par l’animal perde de sa précision et manque sa cible. Le taureau est ensuite transporté parfois pendant 20 heures dans un container étroit sans eau ni nourriture, ce qui l’affaiblit et le déshydrate. Il arrive qu’il en meure. Avant la corrida, on n’hésite pas à lui administrer des tranquillisants et à lui injecter de la vaseline dans les yeux, on insère des aiguilles dans ses testicules et des coins de bois entre ses onglons, on lui donne aussi des coups de planches sur l’échine et les reins en veillant à ne pas laisser de marques.

Vient ensuite la corrida elle-même. Les picadors à cheval enfoncent profondément des piques dans le corps du taureau pour couper les muscles de son cou et les ligaments de sa nuque et ainsi l’empêcher de relever la tête et de donner des coups de cornes de bas en haut. L’opération est répétée une demi-douzaine de fois. Les artères intercostales sont souvent tranchées. Il s’agit d’affaiblir l’animal en lui faisant perdre la moitié de son volume sanguin, soit 7 litres. Simultanément, on l’incite à courir et se fatiguer le plus possible. On le voit alors ouvrir la bouche car il manque d’oxygène.
A présent intervient la pose des banderilles. Tranchantes comme des lames de rasoir et terminées par un harpon, elles sont plantées dans le dos du taureau pour évacuer son sang et éviter qu’il ne meure trop tôt d’une hémorragie interne causée par le travail du picador.

Le matador enfonce ensuite une épée de 85cm dans le garrot de l’animal épuisé. Souvent la lame déclenche une hémorragie interne ou alors déchire un poumon. Dans ce dernier cas, le taureau vomit son sang et meurt asphyxié. Sinon, le matador répète l’opération. Il utilise une petite épée qui est plantée entre les deux cornes de l’animal auquel il lacère le cerveau. Puis il achève le taureau avec un poignard planté à plusieurs reprises dans sa nuque et lui sectionne la moelle épinière. Mais le taureau est robuste et, une fois sur trois, il est encore vivant lorsque l’attelage de mules le traîne hors de l’arène.
Voilà pour l’art. Voilà pour la culture.

Il y a quelques années, le directeur des arènes de Nîmes affirmait à propos du taureau: “Dans l’arène, rien ne prouve qu’il souffre.”
Voilà pour la bonne foi.

Le philosophe Francis Wolff, quant à lui, a déclaré que « la corrida est porteuse d’une éthique cohérente et respectueuse des taureaux », et que son interdiction constituait « non seulement une grande perte culturelle et esthétique, mais aussi une perte morale. »**
Voilà pour la morale.

Selon Alain Renaut, un autre philosophe, la corrida représenterait « la soumission de la nature brute (c’est-à-dire de la violence) au libre-arbitre humain, une victoire de la liberté sur la nature. »
Quelle liberté? Celle de tuer?

Le torero Vicente Barrera déclarait ces jours-ci à propos de la tauromachie : « Si l’Etat espagnol reconnaît qu’elle est un art, son interdiction serait aussi absurde que celle d’une peinture que certaines personnes n’apprécieraient pas. »

Suffirait-il de déclarer qu’une activité est un « art » pour étouffer toute objection d’ordre moral, et ignorer l’interdit de faire volontairement souffrir un être vivant qui n’a pas commis le moindre tort ? Si tel était le cas, un tireur d’élite et un maître de l’Inquisition du Moyen Âge seraient de grands artistes, à en juger par leur maîtrise de l’art de tuer et de torturer.

Les aficionados ont annoncé que si la corrida était interdite dans toute l’Espagne, ils porteraient plainte pour atteinte au droit de travailler, droit fondamental inscrit dans la constitution espagnole. Encore faudrait-il que ce travail ne nuise pas à d’autres. Sinon, un tueur à gages, qui vit de son métier, pourrait se prévaloir de ce même droit.

Cette célébration de la domination de l’homme sur la nature, la volonté de présenter la tauromachie comme un art, les considérations économiques associées, la revendication d’une tradition ne sont que des arguments spécieux, non fondés en raison et qui bafouent les valeurs humaines fondamentales. Seules l’ignorance de la souffrance infligée et la cynique arrogance de certains hommes peuvent les conduire à s’octroyer le droit de disposer de la vie d’autres êtres vivants pour manger, s’enrichir, s’amuser, faire du sport, se divertir, le tout avec «art » et au nom de la tradition. Mais cet art est celui de la cruauté et la tradition sa perpétuation.

« Là où coule le sang, l’art est impossible », écrivait le grand peintre Eugène Delacroix.***

A quand l’interdiction en France et dans toute l’Espagne ? Cela montrerait qu’il ne s’agit pas de manipulations politiques, mais simplement d’humanité.

* L’explication détaillée figure dans l’excellent ouvrage de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Ethique animale, PUF, 2008.
** Colloque sur Ethique et esthétique de la corrida, ENS, 16-17 décembre, 2005.
*** Cité par Elisabeth de Fontenay, dans “Sur le droit à martyriser et à mettre à mort publiquement un animal”, Revue Semestrielle de Droit Animalier – RSDA 2/2009

(publié par Le Figaro, 4 Août 2010, sous le titre : TRIBUNE - “Matthieu Ricard, le moine bouddhiste interprète français du dalaï-lama, prend part au débat sur la tauromachie").

Liberté intérieure - 2

Mardi 03 août 2010

« Notre liberté intérieure ne connaît pas d’autres limites que celles que nous nous imposons ou celles dont nous acceptons qu’elles nous soient imposées. Et cette liberté aussi procure un grand pouvoir : elle peut transformer l’individu, lui permettre d’épanouir toutes ses capacités et de vivre dans une plénitude absolue chaque instant de son existence. Quand les individus se transforment, en faisant accéder leur conscience à maturité, le monde change aussi, parce que le monde est constitué d’individus. »

Luca et Francesco Cavalli-Sforza

« La liberté extérieure que nous atteindrons dépend du degré de liberté intérieure que nous aurons acquis. Si telle est la juste compréhension de la liberté, notre effort principal doit être consacré à accomplir un changement en nous-même. »

Mahatma Gandhi