Notre bonheur passe par celui des autres
Jeudi 09 avril 2009
“Quand le bonheur égoïste est le seul but de la vie, la vie est bientôt sans but”, écrivait Romain Rolland. Même si l’on affiche toutes les apparences du bonheur, on ne peut être véritablement heureux en se désintéressant du bonheur d’autrui. Un “bonheur” élaboré dans le royaume de l’égoïsme ne peut être que factice, éphémère et fragile comme un château bâti sur un lac gelé, prêt à sombrer dès les premiers dégels.
Notre propre bonheur est intimement lié au bonheur des autres : la plupart de nos difficultés viennent de ce que nous ne prenons guère en considération l’intérêt d’autrui. Le bonheur individuel que l’on construit en ignorant le malheur des autres, ou pire, que l’on bâtit sur ce malheur, ne sera jamais qu’une pâle imitation du bonheur authentique. Selon le philosophe bouddhiste Shantidéva :
« Tout le bonheur du monde
Vient d’un cœur altruiste
Et tout son malheur
De l’amour de soi. »
Cela ne signifie pas pour autant qu’il nous faille négliger notre propre bonheur. Notre aspiration au bonheur est aussi légitime que celle de n’importe quel être. Et pour aimer les autres il faut savoir reconnaître l’aspiration au bonheur qui réside au plus profond de soi-même. La capacité à s’aimer repose sur le fait que, par nature, nous désirons tous être heureux et éviter la souffrance. Après avoir reconnu cet amour de soi, il est possible de l’étendre à tous les êtres sensibles. Il est donc indispensable de comprendre que notre bonheur et nos souffrances sont indissociablement liés à ceux des autres.
