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L’invasion des déchets -2

Samedi 04 février 2012

(Extrait de la préface de Matthieu Ricard au Livre « Recycle » de Didier Ruef)
Il y a peu de temps, j’ai eu l’occasion de nager au milieu d’une trentaine de requins baleine, au large des côtes du Mexique. Mais dans le faisceau des rayons chatoyants qui illuminait l’océan et les requins qui nous entouraient, flottaient comme de grandes bulles d’eau minérale, des sacs en plastique et des déchets de toutes tailles et, bizarrement, un coupon d’enregistrement de bagage aérien.
Le développement de l’utilisation des outils humains est tel que, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le foisonnement d’objets manufacturés est susceptible d’engendrer des dommages irréversibles à notre écosystème.
En effet, aux avantages recherchés s’adjoignent des effets secondaires de ce développement sur nos conditions de vie et notre environnement naturel. Les objets et les déchets prolifèrent, des réactions en chaîne sont provoquées par certaines substances libérées dans la nature, des modifications de la surface et de l’atmosphère de la planète sont dues à cette dissémination tout comme à ces outils complexes et puissants utilisés aujourd’hui.
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Des débris de plastique qui pullulent dans l’océan (certains planctons contiennent jusqu’à 30% de leur poids en microparticules de plastique, qu’absorberont à leur tour les cétacés), aux retombées radioactives des 469 explosions nucléaires qui ont eu lieu à ciel ouvert au Kazakhstan à l’époque de l’Union soviétique dans le plus grand mépris du sort des populations locales (aujourd’hui encore, le nombre de cancers et de leucémies chez les adultes et les enfants est effrayant et de nombreux enfants monstrueux continuent de naître), les déchets ont maintenant un effet global sur notre existence.
Vingt-cinq ans après la catastrophe chimique de Bhopal en Inde, des dizaines de milliers de survivants souffrent encore des séquelles des pesticides libérés par l’explosion industrielle qui tua plus de 10.000 personnes (dont 3.500 sur le coup) et n’ont reçu que des indemnités de misère de la grande entreprise américaine Union Carbide, qui reste totalement indifférente à la tragédie humaine qu’elle a causée, bien loin de chez elle.
(A suivre…)

L’invasion des déchets -1

Samedi 28 janvier 2012

Extrait de la préface de Matthieu Ricard au Livre « Recycle » de Didier Ruef)

De la maîtrise des outils préhistoriques à la submersion par les produits et déchets…

Certains animaux ont appris à utiliser, à façonner parfois des outils rudimentaires. Homo habilis a généralisé la fabrication d’outils et Homo sapiens a élevé cette fabrication à un niveau de sophistication à peine pensable. Le nombre, la puissance et la complexité de ces outils sont tels que les répercussions de leur usage sur la vie de l’homme, des autres espèces vivantes et sur la planète ont multiplié de manière exponentielle ce que les mains nues de l’homme auraient pu accomplir.
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Ces outils ont permis de construire des cathédrales, de sillonner les mers et d’envoyer des fusées sur la lune. Ils m’ont permis, alors que je pataugeais dans l’eau des rives du lac Kokonor au nord-est du Tibet, seul être humain à des kilomètres à la ronde, de discuter avec ma mère de 85 ans qui se trouvait alors dans une campagne de Dordogne, et cela grâce à un petit outil métallique bourré de mécanismes compliqués et qui au Moyen Age m’auraient certainement valu de passer pour un sorcier et de risquer le bûcher.

La fabrication d’un outil consistait tout d’abord à modifier puis à assembler des objets naturels, afin d’aider l’homme à faire mieux et plus vite ce qu’il réalisait à mains nues. Lorsqu’ils n’étaient plus utiles, ces outils et les produits qu’ils ont permis de réaliser, étaient jetés ou délaissés et retournaient à la nature. Des millénaires plus tard, seuls les objets faits de matériaux durs tels que la pierre ont laissé des traces. On les reconnaît grâce à leur forme ou à leur localisation particulières.

L’homme a ensuite appris à faire du feu, à extraire des métaux des minéraux bruts, à mélanger et à faire réagir entre elles des substances et de produire des composés doués de propriétés nouvelles. Ceux-ci sont ensuite abandonnés dans la nature qu’ils contribuent à modifier de diverses façons, souvent de manière imprévisible, avec parfois des conséquences nocives à court ou à long terme.
(A Suivre…)

Moments magiques-5

Lundi 23 janvier 2012

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Moines tibétains du monastère de Shéchèn (Népal), tout a leur joie de retrouver la neige, sur un sommet dominant le Lac de Genève (au cours d’une tournée européenne de danses sacrées). /MR 474

Moments magiques-4

Jeudi 19 janvier 2012

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Arc en Ciel sur les hauts plateaux du Tibet oriental

Moments magiques-3

Vendredi 13 janvier 2012

Collines himalayennes, Népal (MR 318-BW)
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(MR 318-BW

Moments magiques-2

Lundi 09 janvier 2012

Le fleuve Tsangpo, près du monastère de Samyé au Tibet central, qui devient le Brahmapoutre en Inde après avoir dévalé les gorges vertigineuses qui font le tour de la montagne Namchak Barwa.
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MR 130 BW)

Moments magiques-1

Jeudi 05 janvier 2012

Situé au milieu de la grande boucle du Brahmapoutre, l’un des derniers lieux au monde resté inexploré jusqu’à la fin du XXe siècle, le pic enneigé du Namchak Barwa s’élève à 7756 mètres d’altitude. Là, le fleuve majestueux appelé Tsangpo au Tibet plonge entre les montagnes et, 150 kilomètres plus loin, ressort 2700 mètres plus bas. Ce n’est qu’en 1998 que l’explorateur américain Ian Baker découvrit la légendaire ‘Chute cachée’ dont on soupçonnait l’existence depuis longtemps.
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(MR 105)

Dimanche 01 janvier 2012

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« Les rides devraient simplement être l’empreinte des sourires. »
— Mark Twain

Mardi 27 décembre 2011

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« Elle aimait la pluie comme le soleil. Ses moindres pensées avaient une couleur réjouissante comme de belles fleurs bien saine, qui plaisent à tous. »
— Alain, Propos sur le bonheur, Paris, Gallimard, Folios/Essais, 1998.
Extrait du récent album de photographies 108 Sourires

« Le moment le plus heureux de votre vie »

Jeudi 22 décembre 2011

Un chercheur japonais, spécialiste du rire, participa à l’une des rencontres entre le Dalaï-Lama et un groupe de scientifiques et de philosophes, organisée par le Mind and Life Institute dont je fais partie. Ce chercheur devait présenter son exposé le cinquième et dernier jour de cette passionnante rencontre.

Pendant toute la semaine il intervint fort peu dans les discussions et sourit encore moins. Nous étions donc tous d’autant plus curieux d’entendre son exposé. Il s’avéra que ce savant aimait l’humour à froid. Il nous expliqua qu’un groupe d’une centaine de personnes souffrant de diabète furent conviées à assister à un numéro de l’un des comiques les plus appréciés du Japon et tous eurent une bonne dose de rire pendant plus d’une heure. Des échantillons de sang, prélevés à la fin du spectacle, montraient une baisse significative du niveau d’une protéine sanguine qui intervient dans les symptômes du diabète. Le lendemain, les mêmes personnes furent invitées à écouter un exposé académique par un érudit de l’université. A la fin de la conférence, le taux de la même protéine n’avait pas diminué, mais légèrement augmenté.

Le savant japonais délivra son verdict, avec le plus grand sérieux : « La conclusion est donc : si vous souffrez du diabète, n’allez jamais écouter une conférence savante ! » Comme l’écrivait encore Marcel Pagnol : « Le rire est quelque chose que Dieu à donné aux hommes pour les consoler d’être intelligents. »
Puis il termina par une question au Dalaï-Lama : « Votre Sainteté, pouvez-vous nous dire quel a été le moment le plus heureux de votre vie ? » Un silence plein d’expectative se fit dans la salle, composée d’une dizaine de scientifiques, de quelques érudits, de méditants bouddhistes et d’une centaine d’invités. Le Dalaï-Lama regarda en l’air, à droite et à gauche, comme s’il cherchait une réponse en lui-même, puis soudainement, il se pencha vers le savant japonais et dit de sa voix forte et timbrée : « Je pense que c’est … Maintenant ! »
Un rire général parcouru l’audience et la séance fut levée. Le savant japonais, spécialiste du rire, enfin, riait de bon cœur.
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Extrait du récent album de photographies 108 Sourires