Blog / Décembre 2009

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L’hypothèse faite par Daniel Batson d’un altruisme véritable

Jeudi 31 décembre 2009

Lors des réunions préparatoires à la conférence de l’Institut Mind and Life sur « L’altruisme et la compassion en économie » (qui se tiendra à Zurich du 9 au 11 avril 2010, voir www.compassionineconomics.org), j’ai eu la chance de passer quelque temps avec Daniel Batson, un éminent psychologue américain, professeur à l’université du Kansas à présent à la retraite, que je souhaitais rencontrer depuis des années.

Daniel Batson a le mérite d’avoir montré de manière très convaincante que l’altruisme véritable existe bien. Cela peut sembler évident pour beaucoup, mais c’est contraire à la vision dominante de la psychologie occidentale, qui est celle de l’égoïsme universel. Selon elle, tout comportement apparemment altruiste est déterminé par une motivation intéressée (« Gratter un peu la peau d’un altruiste et voyez saigner l’hypocrite », est leur slogan)

Un comportement faussement altruiste peut être motivé par la recherche de récompenses matérielles, sociales ou personnelles, ou le souci d’éviter des sanctions, ou celui de réduire la détresse que l’on ressent devant le spectacle de la souffrance d’autrui, ou alors tout simplement le constat que ça « fait du bien ».

Mais il existe aussi une autre conception des choses, selon laquelle certains comportements et motivations sont authentiquement altruistes. L’hypothèse de l’existence d’un altruisme fondé sur l’empathie, émise par Daniel Batson, le conduit à définir la sollicitude empathique comme un état d’esprit tourné vers autrui, né d’une aptitude innée à évaluer le bien-être de l’autre et à percevoir les besoins de l’autre. La sollicitude empathique fait naître une motivation altruiste, qui est « un état de la motivation tendue vers ce but ultime d’accroître le bien-être d’autrui »

Daniel Batson et son collaborateur ont mené plus de 35 expériences pour établir l’existence de l’altruisme fondé sur l’empathie par opposition à ces autres modèles plausibles de type égocentrique. La seule conclusion raisonnable de ces expériences semble être que l’existence d’un altruisme fondé sur l’empathie est établie et que le répertoire des motivations humaines ne se limite pas à l’égoïsme.

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Le triomphe éphémère de l'égoïsme sectaire

Lundi 28 décembre 2009

Imaginez un bateau avarié dans lequel il serait nécessaire d’utiliser toute la puissance des machines pour pomper l’eau des cales. Mais les passagers de première classe veulent continuer à utiliser l’air conditionné et autres facilités, et les passagers de deuxième classe ont pour seule préoccupation de se faire surclasser en première. Bientôt, tout le monde coule, aprés avoir utilisé ou tenté d’utiliser l’air conditionné pendant quelques heures de plus, au lieu d’être tous sauvés. Sur un bateau normal, un capitaine prend les mesures nécessaires pour empêcher le naufrage. Ici, les passagers insistaient pour être leurs propres chefs.

L’approche actuelle de l’environnement, des changements climatiques et d’autres défi pressants de notre époque (désarmement, régulation de l’avidité qui mêne le libre marché économique, etc.) est celle de tribus se disputant l’usufruit et la propriéte d’un bateau qui coule, d’une forêt en feu et d’une bombe à retardement. A Copenhagen, ils ont imposé leurs volontés… pour le moment.

Les chefs d’états se sont comportés comme les chefs de grandes tribus. Certains sont peut-être plus sages que les autres, mais ils n’ont guère d’influence sur les autres tribus, parfois même sur leur propre tribu.

Les problèmes mondiaux ne peuvent être traités que par des institutions transnationales. Dans un monde global, les chefs d’Etats devraient jouer le rôle de gouverneurs de provinces, qui administrent les affaires locales et déférer à une authorité transnationale lors le sort du monde entier est en jeu. Personne n’en veut? Bien. Alors nagez maintenant.

Donner une chance aux altruistes

Jeudi 24 décembre 2009

Récemment, à l’occasion de la préparation de la rencontre du “Mind and Life Institute” d’avril prochain (www.compassionineconomics.org), j’ai eu l’occasion de dialoguer avec les futurs participants de cette conférence, dont Ernst Fehr, un économiste suisse de grande réputation. Pour les économistes classiques, “le premier principe économique est que les individus sont motivés uniquement par leurs intérêts personnels.” (Francis Edgeworth, cité par Amartya Sen.) Mais selon Ernst Fehr, il est impossible d’ignorer le fait que nombre de personnes se comportent de manière véritablement altruiste. Si tel est le cas, comment faire en sorte que l’altruisme ait davantage d’influence dans nos sociétés?

Les recherches d’Ernst Fehr ont montré que si l’on place un groupe de personnes dans une situation dans laquelle la confiance réciproque joue un rôle important--un jeu associé à des retombées financières par exemple--environ 80% des participants commencent par coopérer loyalement les uns avec les autres. Mais dans un groupe, il y a toujours un certain nombre d’égoïstes invétérés. A mesure que ces derniers profitent de toutes les occasions pour prendre l’avantage au détriment des autres membres du groupe, les altruistes finissent par se lasser et le taux de coopération chute à 10%.

En revanche, si les altruistes sont disposés à établir un système de “punition altruiste"--pour reprendre les termes d’Ernst Fehr--grâce auquel les transgressions des égoïstes sont pénalisées, le taux de coopération passe de 80% à quasiment 100%.

Dans le premier cas, les égoïstes ont détourné à leur profit momentané la dynamique du groupe, comme ce fut le cas par exemple lors de la récente crise financière. Dans le deuxième cas, les altruistes ont réussi non pas à corriger les égoïstes--ce qui malheureusement semble être une entreprise utopique—mais à établir un système tel que les égoïstes aient intérêt à se comporter comme s’ils étaient altruistes.

La leçon est donc que ce sont les altruistes éclairés qui doivent établir les règles de fonctionnement du groupe, de la société et des institutions politiques et économiques.

"Heures magiques" dans l'Himalaya

Samedi 19 décembre 2009

Cette image a été prise en fin d’après-midi, au Népal, cet automne. Pour équilibrer le ciel et la terre, et rétablir ce que l’œil humain voit (et que la capteur numérique ne rend pas en raison des limitations de son spectre de contraste), j’ai utilisé un filtre neutre à densité graduelle, correspondant à trois diaphragmes (Filter Singh Ray-Galen Rowell 3G).
Pour ce faire, il convient de régler l’exposition en mode manuel (pour éviter une compensation automatique qui annulerait l’effet du filtre). Il faut ensuitemesurer la lumière sur le paysage au premier plan, puis masquer le ciel à l’aide du filtre.
(Canon Mark 3Ds, 24-70mm réglé à 27 mm, f. 8.0, 1/100sec, 160 ASA)
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Pouvons nous priver les animaux du droit de vivre?

Samedi 12 décembre 2009

Léonard de Vinci a écrit dans ses carnets : “Le temps viendra où les gens comme moi considéreront l’assassinat d’un animal comme ils considèrent aujourd’hui l’assassinat d’un homme.” Il ne s’agit pas de nier qu’il existe des différences d’intelligence entre les animaux et les êtres humains et que, d’un point de vue relatif, la vie d’un être humain ait plus de valeur que la vie d’un animal. Mais pourquoi le droit de vivre serait-il l’apanage des humains ?

Tous les êtres vivants aspirent au bonheur et tentent d’échapper à la souffrance. Donc, s’arroger le droit de tuer, à longueur d’année, des animaux par milliards (10 milliards sont tués chaque année rien qu’aux Etats-Unis pour la consommation humaine), c’est tout simplement exercer le droit du plus fort. Il y a encore quelques siècles, on considérait que la traite du “bois d’ébène” - les esclaves d’Afrique Noire - était acceptable. De nos jours, l’esclavage subsiste dans de nombreux pays, notamment en Inde, au Pakistan, au Soudan… où l’on vend des enfants pour le travail en usine ou aux champs, et des jeunes filles pour la prostitution. Mais de façon générale, l’esclavage est considéré comme une abomination.

Que font les gens, les peuples, lorsqu’ils sont exploités ou opprimés ? Ils s’organisent, se syndiquent, se révoltent… Les animaux en sont incapables et sont donc exterminés. Cela mérite d’être repensé.

Environnement et altruisme

Mardi 08 décembre 2009

Récemment, au cours d’une seule journée, j’ai entendu dire que :
1) - La fonte des glaces du Groenland était beaucoup plus rapide que prévue en raison du cumul de la fonte des glaces et de l’accélération du mouvement des glaciers qui se jettent dans la mer. On sait que la fonte totale des glaces du Groenland occasionnerait une montée du niveau des eaux de l’océan d’environ 7 mètres.
2) - Le niveau du lac Titicaca a baissé de 80 centimètres au cours des six derniers mois.
3) - Un bureau d’études d’ingénieurs anglais annonçait qu’en supposant que tous les ingénieurs en activité dans le monde se consacrent au développement des technologies permettant de produire des sources d’énergie renouvelable, un tel effort ne suffirait pas à pallier le réchauffement global.
Alors même que la prise de conscience des problèmes environnementaux s’est considérablement accrue dans l’opinion publique, nous ne semblons pas prêts à prendre les mesures dramatiques qui permettraient d’enrayer une catastrophe d’une magnitude inconnue dans l’histoire humaine.
Ainsi que l’expliquait récemment un député vert anglais sur les ondes de la BBC (13/11/2009, News Hour) : « Tout le problème du changement climatique réside dans le fait qu’il est débattu à un niveau intellectuel par des personnes qui vivent dans les villes où tout est artificiel. Ces gens-là ne font pas l’expérience des changements qui se déroulent dans la réalité. Des milliards de gens sont maintenant des citadins coupés des cycles naturels ; ils ne sont donc pas en mesure de se rendre compte par eux-mêmes des processus en jeu. En revanche, si vous discutez avec les membres des communautés qui habitent les forêts pluviales ou avec les populations les plus démunies qui tentent de faire pousser des céréales en Afrique, ils vous diront que le changement climatique est dramatique, qu’il est en train de se produire très vite, et qu’il a de graves implications au niveau de la nature et des moyens d’existence. »
Si les crises économiques immédiates affectent sérieusement les ressources financières de certains d’entre nous; si l’indifférence de certains gouvernements pour le bien-être de leurs citoyens risque souvent de gâcher l’existence d’une génération entière, seule la négligence des problèmes de l’environnement peut entraîner des dommages irréparables à l’ensemble des êtres vivants.
Ceux qui ne souffrent pas directement des changements climatiques doivent donc consentir à faire des sacrifices personnels afin de prévenir les souffrances qui affecteront d’autres individus dans un avenir plus ou moins lointain, et ce, sans pouvoir en escompter le moindre avantage pour eux-mêmes. C’est dans de telles circonstances que l’altruisme véritable prend tout son sens.

Quel matériel photographique utilisez-vous ?

Dimanche 06 décembre 2009

J’ai longtemps utilisé des boîtiers Nikon FM2, aux réglages purement manuels, avec des objectifs à focales fixes. En revanche, j’utilise depuis quatre ans les ressources exceptionnelles qu’offrent les appareils numériques de haute gamme comme le Canon Ds Mark III et les excellents zooms de la même marque. La grande versatilité des systèmes numériques permet en effet d’explorer et d’expérimenter avec une beaucoup plus grande liberté, sans crainte de gâcher des kilomètres de pellicule.

La fonte des glaciers de l'Himalaya

Vendredi 04 décembre 2009

Au cours des dernières années des changements dramatiques se sont produit dans l’aspect des glaciers himalayens. Ces deux images de la chaîne du Langtang et des pics environnants furent prises respectivement à la fin de Septembre 2006 et en Octobre 2009. Ces changements sont dus aux très faibles chutes de neiges annuelles et à la fonte accélérée des neiges existantes.imageimage

Sectes et spiritualité

Jeudi 03 décembre 2009

Une voie spirituelle authentique implique d’être exigeant avec soi-même et tolérant envers autrui, à l’opposé des sectes dans lesquelles bien souvent on est exigeant envers les autres tout en contrevenant soi-même de façon flagrante aux idéaux que l’on professe. Il suffit qu’une personne un tant soit peu charismatique décide d’exploiter l’ascendant qu’elle exerce sur les autres pour que gens faibles, qui ont besoin de se rattacher à quelque chose, n’hésitent pas à s’asservir mentalement et physiquement.

La différence fondamentale, c’est que les sectes naissent généralement d’une escroquerie pure et simple, ou d’un syncrétisme fait d’éléments disparates et de débris pseudo-traditionnels qui ne sont reliés à aucune transmission spirituelle authentique et ne reposent sur aucun principe philosophique authentique. De ce fait, elles ne peuvent conduire à un progrès spirituel durable et n’engendrent que confusion et désenchantement ou, pire encore, abus de confiance, exploitation et souffrances.

Faut-il être bouddhiste pour pratiquer la méditation ?

Mardi 01 décembre 2009

La méditation est fondamentalement un entraînement de l’esprit qui a pour but de développer des qualités telles que l’amour altruiste et l’attention, ainsi qu’une compréhension juste de la réalité. Depuis deux mille cinq cents ans, le bouddhisme a utilisé la méditation pour éliminer l’ignorance et les toxines mentales, c’est-à-dire les émotions destructrices, qui sont les causes premières de la souffrance.

Suivre la voie du bouddhisme permet d’utiliser pleinement toutes les connaissances et l’expérience acquises par des êtres qui, comme le Bouddha, se sont éveillés du sommeil de l’ignorance. Cependant, les connaissances issues de la science contemplative qui constitue précisément le bouddhisme, sont valables pour tous les êtres sans exception. Nous avons tous un esprit, nous sommes tous le jouet d’émotions diverses et nous traversons de multiples souffrances. L’entraînement permet de transformer l’esprit, de maîtriser les émotions destructrices et de dissiper les souffrances. En effet, les nombreuses et profondes méthodes que le bouddhisme a développées au cours des siècles peuvent être utilisées par tous les êtres pourvu qu’ils fassent preuve d’enthousiasme et de persévérance. La méditation a donc une valeur universelle : il serait fort dommage de négliger le pouvoir de transformation de notre esprit.