Blog / Novembre 2009

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On dit parfois que vous êtes l'homme le plus heureux du monde ?

Samedi 21 novembre 2009

C'est une bonne blague dont j'ai du mal à me défaire. Cela vaut certes mieux que de passer pour l'homme le plus malheureux du monde, mais cette attribution ne repose évidemment sur aucune base scientifique.

Il y a quelques années, un documentaire sur le bonheur réalisé par la chaîne de télévision australienne ABC, auquel j’ai participé, disait dans son commentaire : « peut-être avons-nous ici affaire à l'homme le plus heureux du monde. » Fort heureusement, les choses en étaient restées là. Mais quelques années plus tard, un journaliste du journal anglais The Independent retrouva sans doute ce documentaire et titra en première page : «The happiest man in the world. » À partir de ce moment-là, je n’eut plus aucun contrôle sur les événements. Cette rumeur était censée fondée sur des bases scientifiques.

En vérité, j'ai bien participé depuis des années à des recherches en neurosciences sur les effets à long terme de la méditation sur le cerveau. Il s'avère notamment que lorsque les méditants qui ont derrière eux entre 10.000 et 50.000 heures de pratique sanguin, s'engagent dans une méditation sur la compassion, ils engendrent des oscillations cérébrales, principalement dans les fréquences gamma, d'une intensité qui n'avait jamais été décrite en neurosciences. Je n'étais pas le seul, et une quinzaine de méditants à long terme ont participé à ces recherches et ont tous montrés des résultats similaires. Du fait que l'une des zones activées lors de cette méditation, est aussi associée aux émotions positives, il n'en fallut pas plus aux journalistes pour déclarer que l'on avait trouvé l'homme le plus heureux du monde. C'est pour sur une bonne forme formule journalistique. Je me suis excusé auprès de mes amis scientifiques et ai tenté de corriger autant que possible cette exagération rocambolesque, mais cela n'a pas servi à grand-chose. J'essaie donc de prendre tout cela avec philosophie et amusement, et d'en tirer une leçon d'humilité.

Ce que je réponds, lorsqu'on me le demande, c'est que tout le monde peut être l'homme ou la femme la plus heureuse au monde : il suffit pour cela de chercher le bonheur là où il se trouve vraiment. C'est en développant la sagesse et l'amour altruiste que l'on peut effectivement, peu à peu, se débarrasser de tous nos poisons mentaux, et progresser vers un bonheur authentique.

Où apprendre à méditer ?

Mercredi 18 novembre 2009

Il existe de nombreux centres, bouddhistes et non bouddhistes, qui enseignent la méditation. Il n’est pas de mon ressort de conseiller une organisation plutôt qu’une autre. Néanmoins, je peux témoigner de l’authenticité des quelques centres d’enseignement avec lesquels j’ai développé des liens personnels de longue date. C’est le cas notamment en France du Centre d’études de Chanteloube, où enseignent mes maîtres spirituels Péma Wangyal Rinpotché et Jigmé Khyentsé Rinpotché, qui sont aussi les fils de mon premier maître, Kyabjé Kangyur Rinpotché.

Chanteloube est un centre d’enseignements, d’études, et de méditation, situé en Dordogne. Il a été fondé en 1975 lorsque Pema Wangyal Rinpotché, fils de Kangyur Rinpotché, invita en Dordogne Dudjom Rinpotché et Dilgo Khyentsé Rinpotché, deux grands détenteurs de la lignée Nyingmapa. Ce centre organise régulièrement des séminaires d’enseignements bouddhistes. (Voir le site de ce centre : Chanteloube).

Une rencontre avec des jeunes gens

Lundi 16 novembre 2009

Au Canada il y a quelque temps j’ai rencontré un groupe de jeunes gens. Quelques-uns d’entre eux me dirent qu’ils avaient achevé leurs études et ne savaient que faire ensuite. L’un d’entre eux dit : « J’ai rempli de nombreux questionnaires qui devaient déterminer quelle était la meilleure orientation professionnelle pour moi, et pendant six mois j’ai testé différents métiers. Mais aucun d’entre eux ne m’intéressait réellement, si bien que je ne sais vers où me diriger. »
Je n’ai pas pu m’empêcher de leur donner ce conseil : « pourquoi n’arrêtez-vous pas un instant de spéculer sur ce que vous devriez faire, ou sur ce que les conseillers d’orientation vous suggèrent, et n’allez pas dans un coin tranquille, dans une forêt, près d’un lac, ou n’importe où d’autre, là où vous pouvez marquer une pause. Asseyez-vous là tout simplement et avec une aspiration sincère demandez-vous :  « Qu’est-ce que j’aimerais bien faire dans la vie ? ».  Tenez-vous en à cette simple question sans vous lancer dans un grand nombre de réflexions, et voyez ce qui remonte à la surface du fond de votre esprit et de votre cœur. Cela a plus de chances de révéler ce qui est réellement important pour vous.
Une fois que ce choix est clair, il n’y a plus qu’à trouver le moyen de le mettre en œuvre. Ce n’est habituellement pas ce qu’il y a de plus difficile, car comme le dit le dicton, « quand il y a un vœu, il y a une voie ».

La non-violence n'est pas une faiblesse

Lundi 09 novembre 2009

Lorsque nous sommes l’objet d’un abus ou d’une injustice, il est tout à fait légitime d’utiliser tous les moyens appropriés et toute la vigueur nécessaire pour y remédier, mais jamais avec de la haine.
Au plus profond de soi, il faut conserver une compassion invincible et une force intérieure inépuisable.
Il ne s’agit ni de se livrer passivement à la merci de ceux qui nous agressent, ni d’essayer de les détruire par la force, car il s’en trouvera toujours d’autres qui surgiront, mais de découvrir que l’ennemi principal qu’il faut combattre sans merci, c’est la malveillance.
C’est cela qu’il faut comprendre et, dans la mesure du possible, faire comprendre à autrui.

Can I come and live at Shechen, and possibly become a monk or a nun?

Samedi 07 novembre 2009

Cet article n’a pas été traduit, veuillez retourner dans la version Anglaise

Ce qui n’est pas donné est perdu

Mardi 03 novembre 2009

Ces paroles ont été prononcées par mon ami le père Ceyrac, âgé aujourd’hui de 95 ans, qui en un demi-siècle s’est occupé de 50.000 enfants dans le sud de l’Inde. On trouve une pensée analogue dans les enseignements bouddhistes, ainsi formulée: « ce qui n’est pas fait pour le bénéfice d’autrui, ne mérite pas d’être fait ». Rechercher égoïstement le bonheur est le meilleur moyen de se rendre malheureux soi-même ainsi qu’autrui. Tout le monde y perd.

L’altruisme, la compassion et son mode d’expression naturel, la générosité, sont en revanche des attitudes diamétralement opposées: elles constituent le meilleur moyen de s’épanouir tout en se mettant au service des autres.

L’avidité est l’eau saumâtre consommée par ceux qui ont soif de satisfaction égocentrée. Ce type de soif ne peut jamais être assouvie et tourmente toujours plus. Inversement, la générosité est la pluie qui récompense, elle fertilise le champ de chacun, y compris le vôtre. Elle mène ainsi à une situation où tout le monde est gagnant.